Pourquoi le RAT n’est pas le nouveau MVP


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Si l’on entend souvent parler de MVP lorsqu’on se lance dans l’aventure entrepreneuriale, ce n’est pas pour autant le seul outil que l’on peut utiliser. Mais avant de rentrer dans le détail, il est important de faire le point sur ce qu’est un MVP.
Bien que l’on parle d’un Minimum Viable Product, ce n’est pas réellement votre produit ! Un MVP ne doit servir qu’à vérifier que vous avez trouver la solution au problème rencontré. Son objectif reste toujours le même : réduire le risque et tester rapidement sa proposition de valeur.

Le RAT en complément

Au final, pourquoi mettre en place un « produit » si notre objectif est juste de valider notre idée ? C’est en somme la logique d’un RAT : Riskiest Assumption Test, en français, tester l’hypothèse la plus risquée. Il n’y a pas besoin de développer plus que le nécessaire pour tester la principale inconnue de votre projet. La qualité du code ou du design n’importe peu. L’objectif reste d’aller à l’essentiel pour tester et valider son idée.

Mais alors, quelles sont les différences entre ces deux outils ? Au-delà de la terminologie, si un MVP doit permettre de valider les suppositions les plus risquées, un RAT cherche alors à valider l’hypothèse LA plus risquée.
Ainsi, un RAT doit être construit avec les meilleures fonctionnalités de la solution proposée et non pas les plus simples ou rapides à mettre en place.

De plus, un MVP est construit sur une suite d’itérations que l’on nomme « build-mesure-learn » (ou construire-mesurer-apprendre), mais avec un RAT, l’objectif est d’abord d’apprendre, de mesurer puis de construire vite.

Ainsi, on peut considérer qu’un RAT est le vrai MVP d’un projet. Même si la finalité reste la même, votre RAT pourrait vous permettre d’apprendre et de valider votre idée, avant de commencer à construire votre produit ou business qui peut ne pas en valoir la peine.

L’itération comme étape de validation

Si la mise en place d’un RAT semble plus logique, il ne faut pas oublier que la finalité reste la même : valider son idée. Il en est de même pour n’importe quel outil qui s’inscrit dans une méthodologie avec un apprentissage itératif.
Qu’importe ce que vous utiliez, les étapes de développement d’un produit seront toujours différentes par rapport à une approche classique. Dans un projet « classique », dans lequel on connait le produit final, ce qui sera proposé aux clients est connu à l’avance. Avec une méthodologie proche du « Lean Startup », le résultat final n’émergera que petit à petit, quitte à être différent de la solution imaginée à la base.

Prenons un exemple avec un produit qui doit permettre à ses utilisateurs de pouvoir se déplacer rapidement et simplement (une voiture tout simplement). Dans l’approche traditionnelle, il s’agit d’assembler le projet étape par étape (le chassis, les roues, la carrosserie, le moteur, etc.) jusqu’à obtenir le produit initialement prévu.
Dans une approche itératif, le processus est différent car la première étape peut consister à mettre en place un skateboard, puis transformer le produit en une trottinette, puis un vélo, une moto et enfin une voiture… L’important est de s’assurer que le produit correspond en permanence à ce que désir nos clients. De plus, la finalité n’est pas connu d’avance : qui dit qu’une moto ne serait pas le parfait produit pour répondre à notre besoin ? Ou bien il est possible qu’on arrive à la fin avec un camion, voir un avion !

Un outil reste différent de votre produit

Même si les approches diverges quelques peu entre l’utilisation d’un RAT ou d’un MVP, l’objectif reste le même : valider son (ou ses) supposition(s) et apprendre de ce que l’on a testé. De plus, il est important de rappeler qu’un MVP n’est en aucun cas le produit final. Quitte à se répéter, il ne faut jamais oublier qu’il ne s’agit juste d’un outil de validation de son idée. C’est pourquoi cela doit demander le moins d’effort possible dans sa mise en place (en terme de temps comme d’argent).

Il ne faut pas non plus confondre ces outils avec un prototype, car celui n’a pas vocation a être commercialisé ou d’être construit de manière itérative. Il existe plusieurs façon de concevoir un MVP, de la plus simple avec une page de coming soon pour récupérer des contacts de potentiels clients, à un MVP Concierge qui permettra de valider sa proposition de valeur en mettant l’humain au centre de la validation.

Pour finir, il ne faut pas oublier que si un RAT permet principalement de valider l’hypothèse LA plus risquée, le MVP permettra d’en valider plusieurs pour confirmer l’ensemble de son idée et donc de la proposition de valeur du futur projet. Et quand bien même un MVP se veut simple, rien n’empêche la mise en place d’A/B Testing (de manière simplifié) pour vérifier plusieurs choses à la fois.